Claude Lemesle explique l’écriture de “L’été indien” pour Joe Dassin

Second volet de mon entretien avec Claude Lemesle, grand monsieur de la chanson française ayant écrit plus de 3000 textes de chansons, qui m’explique ici la genèse de l’écriture du tube de Joe Dassin : “L’été indien”.

Le premier volet, super intéressant, dans lequel il explique “comment écrire une chanson” est disponible ici.

Le premier chapitre de son livre “L’art d’écrire une chanson” est d’ailleurs intitulé “Aux couleurs de l’été indien…”. Il y raconte sous forme de petites leçons les étapes clés de l’écriture de ce slow de l’été 1975 ! Et c’est croustillant parce qu’on se rend compte que “la chanson est une drôle d’alchimie [et] que l’harmonie entre les mots, la musique et l’interprétation, en apparence très simple, est le fruit d’un travail important”. Un bouquin qui m’a complètement renversé et que chaque auteur devrait avoir.

Claude Lemesle a également accepté que je l’accompagne à la guitare sur La demoiselle de déshonneur (à voir en vidéo ici). Comme j’ai trouvé l’entretien très riche, j’en ai fait faire la transcription et j’ai décidé de la publier ici.

Voici donc la transcription texte (littérale) de l’interview :

Olivier JUPRELLE : Comment démarrez-vous l’écriture de l’été indien?
Claude LEMESLE : L’été indien c’est une écriture à quatre mains.
Olivier JUPRELLE : Oui avec Pierre Delanoë.
Claude LEMESLE : Oui avec Pierre Delanoë.
Olivier JUPRELLE : Vous expliquez qu’au départ il y a une musique de Toto Cutugno et une volonté de faire un parlé-chanté dans les couplets et un chant dans le refrain.
Claude LEMESLE : Le parlé chanté était déja dans la version anglaise (à écouter ici). C’était un noir américain qui disait au fond “Qu’est-ce que je fiche en Amérique? Je ferais mieux de retourner en Afrique ou j’ai mes racines.” Ça s’appelait “Africa”. On voyait mal Joe (Dassin) dire : “Je suis un noir américain et je devrais retourner en Afrique”. Il n’aurait pas été crédible tout de même. En écoutant bien cette musique, j’ai vu qu’on pouvait exploiter ce côté parlé-chanté en donnant aux couplets un caractère un petit peu nostalgique de souvenirs et puis au refrain un caractère plus positif plus optimiste ; deux amoureux qui se promettent des choses.
Olivier JUPRELLE : Donc l’avenir dans le refrain et le flashback nostalgique dans les couplets.
Claude LEMESLE : Oui, sauf que le refrain c’est un flashback aussi ; c’est ce qu’ils se disaient il y a un an. Et donc, à partir de là, Pierre travaille sur le couplet et moi je lui apporte un certain nombres de contrepoints, de petites choses et puis c’est lui qui met les deux mots “été indien” dans ce couplet sans penser à quelque objectif commercial quelconque. C’est venu comme ça naturellement sous sa plume. Il était allé aux États-Unis l’année précédente et il faisait très beau en octobre. Le chauffeur de taxi lui avait dit : “Monsieur, c’est normal, c’est l’été indien”. Ça lui est venu comme ça.
Moi je lui ai dit: “Attends Pierre, on ne peut pas se permettre de laisser ça seulement dans le couplet. Il faut en faire le pivot de notre refrain”. Donc, c’est moi qui ait demandé à Pierre de terminer le refrain par les mots “été indien”. En gros, les couplets sont de lui à part certaines phrases qui sont de moi comme : “il y a un an, un siècle, une éternité”
Olivier JUPRELLE : Que vous inversez dans le deuxième couplet!

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Claude LEMESLE : “Là-bas on l’appelle l’été indien mais c’était tout simplement le nôtre” c’est de moi. Des petites choses comme ça. Le refrain est pratiquement de moi.
Olivier JUPRELLE : Vous expliquez que ce refrain vient très vite. Vous l’écrivez assez rapidement finalement?
Claude LEMESLE : Pratiquement, c’est venu tout seul sans vraiment réfléchir. Comme quoi il y a des musiques qui appellent des mots, ça c’est clair.
Olivier JUPRELLE : Une dernière chose que je veux vous dire par rapport à l’été indien c’est justement Pierre Delanoë qui écrit à un moment : “Avec ta robe, tu ressemblais à une aquarelle de Marie-Laurencin. Et je me souviens très bien ce que je t’ai dit ce matin-là”. Vous expliquez que Pierre Delanoë ne sait absolument pas ce qu’il va dire mais il se provoque et il s’oblige à trouver la suite. Ça c’est une technique dont vous parlez dans “L’art d’écrire une chanson”. C’est une manière d’amorcer la pompe.
Claude LEMESLE : C’est pas au sujet de cette chanson là.
Olivier JUPRELLE : C’est vrai?
CL : C’est au sujet de “Une belle histoire” ou effectivement il est dans un bureau d’Europe 1 avec Michel Fugain avec cette musique et il commence “C’est un beau roman, c’est une bonne histoire, c’est une romance d’aujourd’hui” et alors il sait toujours pas ce qu’il va raconter mais au moins, il a commencé. Donc, il n’a plus l’angoisse de la page blanche.
Olivier JUPRELLE : Pour terminer l’anecdote, vous rentrez à Paris dans les bureaux du directeur artistique. Joe Dassin adhère complètement à votre proposition de texte mais le directeur artistique a deux remarques a vous faire.
Claude LEMESLE : C’est pas un bureau, c’est chez Joe. On est Feugerolles chez Joe, on apporte le texte, Joe adhere tout de suite. Jacques Plait n’est pas encore là, quand il arrive Joe me dit vas-y chante ce que vous avez trouvé et il me dit : “C’est formidable, très joli, il y a deux choses qu’il faut changer : L’été indien parce que personne ne sait ce que c’est et Marie-Laurencin parce que personne sait qui c’est”. C’est un très très très bon directeur artistique ; c’est la seule fois ou je l’ai vu se tromper. Enfin, non, je l’ai vu se tromper une autre fois mais deux fois en 15 ans c’est peu. Après il le contestait, comme quoi on a la mémoire sélective. Il était un peu vexé par ça forcément mais bon il trouvait que c’était pas tellement juste de raconter ça, ce qui est vrai si on considère l’ampleur, l’intérêt et la force de sa carrière mais n’empêche qu’il l’a dit, vraiment. Comme quoi tout le monde peut se tromper!

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Halloween : 5 bonnes raisons d’arrêter avec cette fête macabre !

Aujourd’hui c’est la fête d’halloween, l’occasion de prendre mon bâton de pèlerin et de partager avec toi 5 raisons d’arrêter avec ce carnaval macabre.

1. C’est une fête complètement américaine
Tu vas me dire qu’il s’agit à l’origine d’une fête celtique importée aux états-unis par des immigrants européens au XVIIème siècle. Et qu’il s’agit donc d’un retour à ses origines. Sauf que cette fête s’est d’abord développée aux états-unis jusqu’à intégrer leur calendrier des fêtes nationales. C’est seulement après que les américains l’ont exportée chez nous. Si, c’est vrai !

2. Notre version d’halloween est dénaturée
L’idée à la base elle est chouette : les enfants vont frapper aux portes et les adultes partagent avec eux quelques bonbons. Ca crée du lien sur des notions de partage, c’est sympa! En Belgique, il y a quelques années on avait encore quelques gosses qui venaient frapper à nos portes. Mais aujourd’hui, qui envoie ses enfants déguisés en monstres le soir dans la rue demander des bonbons? Plus grand monde… Ou est donc passée la notion de partage et d’échange?

3. On nous fait croire qu’il s’agit d’une fête mais l’enjeu est avant tout économique
Ca ne t’a certainement pas échappé mais on nous bassine avec les fantômes et les citrouilles depuis des semaines avec une bonne grosse promo. Qui est derrière ça? C’est toi? C’est moi? Non hein, il faut les moyens pour ça ! Ce sont les grand groupes. Economiques et médiatiques. Ils peuvent décliner leurs produits sur une thématique. Ça tombe à pic entre l’été et les fêtes de fin d’année. Ça leur donne de l’inspiration pour décorer les vitrines du mois d’octobre.

4. Nous perdons notre identité culturelle
C’est quoi la fête des morts chez nous? Tu te souviens plus hein 🙂 C’est la Toussaint ! Enfin, le lendemain de la Toussaint, le 2 novembre. Véritable fête chrétienne, qui célèbre la mort avec les chrysanthèmes et les bougies allumées sur les tombes et dont le message est porteur : ça symbolise la vie heureuse après la mort, là où avec Halloween on est plutôt dans la fatalité de la mort qui vient frapper à la porte. Mais bon, je digresse. On a pas besoin d’Halloween. On a déjà une fête pour ça et le problème c’est qu’Halloween commence tout doucement à remplacer La Toussaint. Nous perdons donc notre identité culturelle au profit d’une nouvelle culture : on appelle ça la déculturation !

Numéro 5. C’est moche
Oui c’est hyper subjectif. Après c’est l’idée de cette vidéo aussi. Il y en a plein qui ne seront pas d’accord avec moi mais je trouve ça laid. Les masques sont horribles, c’est effrayant, c’est macabre : le sang, les yeux globuleux et les plaies ouvertes.

Je t’invite à ne pas tomber dans le piège et à donner à tes enfants le goût du beau et de la vie !

Si tu aimes les contenus originaux et non importés je t’invite à consulter régulièrement mes articles. Par exemple : Macron et l’extinction de notre culture française.

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Festival Francofaune : 5 concerts qui nous ont marqués

festivalfrancofaune

Klô Pelgag, une apparence excentrique opposée à une totale maîtrise de son jeu

Un parcours choisi, à travers plusieurs dates lors du Festival Francofaune, dans beaucoup d’endroits de Bruxelles. Une promotion de la diversité des artistes issus de la francophonie, des découvertes et des confirmations. Voici notre liste totalement subjective des 5 concerts qui nous ont marqués !

  1. Dick Annegarn

Une des premières soirées, en présence du grand Dick Annegarn, troubadour jongleur de mots et habile conteur. Il nous offre une sorte de conférence/exposé sur l’origine de ses inspirations. Qu’il s’agisse du folk américain, des work-songs à travers le monde, il illustre son propos par des vidéos projetées en fond de scène, tirées de sources YouTube, parfois de sa propre chaîne, bien nommée «La chaîne du verbe».

Le principe de cette récolte qu’il propose dans des playlists : il parcourt des villes en francophonie, et propose d’enregistrer dans un studio mobile (en caravane) des chansons de traditions anciennes, de l’enfance, parfois dans des patois et dialectes qui ne disparaîtront pas…

Lors du concert, le public est très participatif reprenant les refrains des chansons de cet amoureux des langues! Un échange plein d’esprit et d’humour.

2. Simon Daniel

Une belle part est accordée à quelques artistes canadiens, pas que québécois, il y a tant à puiser et ravir parmi nos cousins d’Outre-Atlantique. Notre proximité langagière et ce goût commun, sans doute, pour une certaine intensité, le propos décalé.

Des talents attachants, le rapport intime propre aux lieux plus petits est propice à une écoute et une immersion dans des univers accueillants, je prends pour exemple Simon Daniel, découvert il y a quelques mois en ouverture de Sacha Toorop… Il est du Nouveau-Brunswick, région bilingue. Ce n’est peut-être pas la raison pour laquelle on y retrouve un blues mélancolique, un compromis entre chaleur et fraîcheur, une sensibilité qui est d’une grande force… Cette intensité, je me répète, a ce quelque chose de familier, comme dans un abri réconfortant.

3. Albin de la Simone

Dans ce lieu où résonnent encore les noms de Barbara, Gainsbourg, mais également Pink Floyd ou Queen, le Théâtre 140 propose une élégante soirée. Avec Clare Louise et Albin de la Simone. Si la première est récemment arrivée dans un répertoire en français, instaurant un climat complice et doux, elle n’aura pas manqué d’enchanter le public venu nombreux se réjouir de la compagnie du second.

Le principe du tour de chant d’Albin & co est simple ; peu ou pas d’amplification, pas d’exubérance de lumières, une mise en scène sobre et efficace. Des petites histoires douces-amères, des équilibres entre gravité et légèreté, des parcours nostalgiques de sentiments d’abandon et de réjouissances posant des sourires aux auditeurs détendus. Il y a cette immanquable classe, la lueur perçant un ciel plus tout à fait gris.

Nous parlions déjà d’Albin de la Simone et de Clare Louise dans notre article “10 artistes francophones à suivre

4.  Daniel Hélin

Autre lieu, autre ambiance, à l’étage du ViaVia. Après le touche-à-tout fantasque Manu Louis et les post-metal-ados canadiens VioleTT Pi, nous retrouvons Daniel Hélin, ici dans une formule avec les Binamés (de René et Les Binamés, les Slugs…), un angle de vue plus punk et âpre. Le poète engagé, avec son débit rapide et sa bonhommie joyeuse, nous livre des brûlots comme autant de pavés dans la marre, une sorte de constat sur des situations belges qui coincent aux entournures, mais pas que…

Parfois des plaies sur lesquelles on appuie, ou ce fameux clou frappé encore et encore, par coups de riffs et d’impulsions électriques. Après une période d’absence, Daniel Hélin revient avec force et vigueur, n’ayant rien perdu de sa verve fleurie, qui est tout sauf naïve et désinvolte. On peut l’avouer sans peine, il porte une parole nécessaire et facétieuse (ce qui n’est pas incompatible)

5. Safia Nolin, Cloé du Trèfle et Klô Pelgag

Une dernière soirée, pour clôturer en féminité, des univers personnels, à travers Safia Nolin, Cloé du Trèfle et Klô Pelgag. Toutes trois dans un rapport que seule la Rotonde du Botanique permet. Safia Nolin, première Québécoise de la soirée, seule à la guitare, assez désarmante et au bord du fil fragile, qu’elle tend vers nous, en retenue et discrétion, beaucoup de coeur et de naturel.

Cloé du Trèfle, régionale de l’étape que nous connaissons bien, vient présenter son dernier album en date, «Entre l’infime et l’infini», accompagné de deux violoncellistes elle passe de sa guitare à son clavier et autres machines. Nous la sentons plus à l’aise, plaisantant par moments, ou développant quelques aventures, avec des arrangements bien transposés pour cette formule trio.

Klô Pelgag, dernière de cette édition du festival et dernière native du Canada, nous emporte comme par enchantement dans sa fantaisie, dans son entièreté, quelle densité! Elle et son full-band ont une grande consistance et il y a toujours ces particularités, que nous pourrions leur envier, cette faculté à sortir du cadre, à briser les rythmes, à nous surprendre au tournant. Il y a le paradoxe d’une apparence excentrique opposée à une totale maîtrise de son jeu, car il y a du vrai divertissement au sens premier dans sa prestation espiègle…

Cet article invité a été écrit par Vincent Vanhoutte. Il est passionné par la musique mais il est également auteur, comédien occasionel et ex-dessinateur. Il a réalisé les vidéos de cet article et filme pas mal d’autres concerts qu’il diffuse sur son compte YouTube

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Comment écrire une chanson? Le secret pour réussir est évident !

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Claude Lemesle m’explique les bases pour bien écrire une chanson. Photo : Sophie Vinclaire

J’ai eu la chance de rencontrer Claude Lemesle dans son appartement parisien. Il m’a expliqué beaucoup de choses très intéressantes sur comment écrire une chanson! Dans son livre “L’art d’écrire une chanson” il partage d’ailleurs toutes ses techniques pour mieux écrire. Un bouquin qui m’a complètement renversé. Claude Lemesle a également accepté que je l’accompagne à la guitare sur La demoiselle de déshonneur (à voir en vidéo ici). Comme j’ai trouvé l’entretien très riche, j’en ai fait faire la transcription et j’ai décidé de la publier ici.

Transcription texte (littérale) de l’interview :

CLAUDE LEMESLE : Moi la seule chose qui m’intéresse chez un jeune qui désire écrire … c’est la passion ! Parce que c’est très difficile – encore une fois – d’écrire, donc s’il a pas la passion, ça ne marchera pas. S’il a la passion ben il va avoir la curiosité, justement, d’aller chercher toutes les informations, de lire les choses qui peuvent l’aider, d’écouter beaucoup aussi ! Pour pouvoir être en capacité de donner aux autres, il faut prendre beaucoup, il faut se nourrir beaucoup…Il faut avoir une grande culture de la chanson ! Moi tous les grands auteurs de la chanson que je connais, ils connaissent énormément de chanson par cœur, énormément. Comme ça ils emmagasinent énormément d’informations ils sentent bien, comment ça fait quoi… C’est l’essentiel la passion.
Et puis bon, c’est un petit peu aussi comme en sport, moi je suis un passionné de sport et de foot en particulier, il y a des joueurs dont on dit “il a l’instinct du butteur”, et c’est vrai ! Il y a des gens qui sont d’excellents joueurs mais qui marquent très peu de buts, ce n’est pas dans leurs qualités. Je crois qu’il y a un instinct de la chanson aussi, je crois que pour vraiment réussir dans le métier de l’écriture de chanson, il faut avoir cet instinct-là. Il y a des gens qui sentent bien la chanson, moi je les repère tout de suite dans un groupe, quand je fais des ateliers d’écriture.

OLIVIER JUPRELLE : Et vous les repérez à quoi alors ? Si vous pouviez mettre des mots dessus… ou alors non ? Vous le gardez pour vous ça peut-être ?

CLAUDE LEMESLE : Non ! Je ne le garde pas du tout pour moi. Ce livre est la preuve que je ne garde absolument rien pour moi.

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OLIVIER JUPRELLE : Alors comment vous sentez… celui qui a…

CLAUDE LEMESLE : … mais ce n’est pas définissable…

OLIVIER JUPRELLE : Non parce que là c’est vraiment de la technique mais peut-être que justement celui qui a l’instinct…

CLAUDE LEMESLE : Mais c’est la seule chose qui peut se transmettre la technique, comment voulez-vous transmettre autre chose ? L’inspiration ça ne se transmet pas !

OLIVIER JUPRELLE : Bien-sûr, mais le fait que vous arriviez à sentir celui, dans un groupe qui n’a pas encore nécessairement acquis toute la technique, toute la connaissance mais vous sentez que lui, il a ce quelque chose, “l’instinct du butteur” ?

CLAUDE LEMESLE : C’est l’habitude, je ne peux pas le définir… Mon flair s’est aiguisé au fur et à mesure des années, je ne peux pas définir comment ça se passe, je n’en sais rien, je n’en sais absolument rien ! Pourquoi je le sens chez certains… Il y a des filles ou des garçons qui arrivent dans le groupe, qui paraissent aux yeux et aux oreilles des anciens nullissimes…  Nullissimes… Qu’aucun d’entre eux ne prendrait. Qu’aucun d’entre eux ne prendrait. Et moi je les prends parce que je sens qu’il y a quelque chose, mais vous dire pourquoi et comment ça se passe ? Je n’en sais absolument rien. Moi je me souviens avoir interrogé Jacques Canetti là-dessus, c’était le grand découvreur de talents des années 50 à Paris. Je lui avais dit “moi je connais les deux chansons que Jacques Brel vous avait envoyé, je les trouve très, très mauvaises…”. Moi qui suis un passionné de Jacques Brel mais c’était deux chansons à ses débuts, franchement celles-là elles n’étaient pas bonnes du tout. Et je lui dis :
“Comment vous avez fait, pour percevoir derrière ces deux chansons vraiment ratées, qu’il y avait un immense talent ?” Et il m’a répondu : “Pourquoi ? C’était évident.” Mais si je lui avais demandé d’expliquer pourquoi, il n’aurait pas pu, c’est évident c’est tout. Moi quand je vois ces talents-là, pour moi c’est évident, mais vous dire pour quelles raisons ? Je n’en sais absolument rien.

OLIVIER JUPRELLE : Ok, tout à fait, super.

CLAUDE LEMESLE : Au Canada un jour on était avec Mireille, parce que j’ai fait ce petit conservatoire de Mireille, et l’animateur de radio canadienne lui demande : “mais comment faites-vous pour repérer les talents des jeunes ?” Et la seule chose qu’elle a répondu, pour vous montrer que c’est indéfinissable : “Parce que je vois une petite lueur dans leurs yeux là.” Voilà! Mais ça, ça peut se voir chez les artistes mais chez les auteurs (rires) c’est devenu une petite lueur dans leur plume ? Leur stylo bille ? Non je n’en sais rien…

OLIVIER JUPRELLE : La passion c’est vraiment la base de tout quoi, sans passion c’est impossible et après la technique peut se développer mais il doit y avoir cette envie fulgurante…

CLAUDE LEMESLE : Ce n’est pas qu’elle peut se développer, elle doit ! Elle doit se développer. Oubliez pas ce que Brassens disait dans une de ses chansons “L’avait l’don, c’est vrai, j’en conviens, l’avait l’génie, mais sans technique, un don n’est rien qu’un’ sal’ manie.”

OLIVIER JUPRELLE : Vous en parlez aussi dans le livre ça !

CLAUDE LEMESLE : Les seules personnes que je ne prends pas à l’atelier mais c’est très rare, c’est les personnes qui me disent : “ah non, moi je n’écris que lorsque j’ai l’inspiration”. Alors je leur dis de suivre les ateliers de leur inspiration mais de ne pas venir chez moi…

OLIVIER JUPRELLE : Oui bien-sûr, parce qu’à partir du moment où il y a un atelier on est là pour justement développer une technique, une compétence et on n’attend pas que l’inspiration tombe du ciel.

CLAUDE LEMESLE : L’inspiration j’en parle dans mon livre, il y a un extrait, un très beau texte de Roger Caillois et c’est Jules Renard qui disait, « L’inspiration n’est sans doute que la joie d’écrire, elle ne la précède pas. ». Caillois dit très justement que c’est le poète qui crée l’inspiration, ce n’est pas l’inspiration qui crée le poète. C’est sûr et certain. Je cite une phrase assez marrante de Jean-Louis Murat…

OLIVIER JUPRELLE : Tout à fait, et je l’ai reprise d’ailleurs, je l’ai mise et attendez je vais la retrouver comme ça de mémoire, « L’inspiration c’est un truc inventé par les branleurs… », un truc comme ça ?

CLAUDE LEMESLE : “…par les branleurs sans talent.”

OLIVIER JUPRELLE : “…sans talent ” voilà c’est ça !

CLAUDE LEMESLE : Il faut qu’un auteur qui est devant sa feuille blanche se pénètre…de ce qu’il va devoir écrire !

OLIVIER JUPRELLE : Et vous parlez aussi de la routine, le fait d’écrire tous les jours, de vraiment enclencher la machine tous les jours…

CLAUDE LEMESLE : Ah il n’y a pas de routine ! Surtout pas !

OLIVIER JUPRELLE : Oui enfin je veux dire de trouver quand-même, d’être discipliné, tous les jours… C’est ça que j’entends par routine quoi… Mais en tout cas de tous les jours s’y mettre quoi. Voilà.

CLAUDE LEMESLE : Oui… Ben c’était Zola qui avait dans son bureau, je crois que c’était à Médan, dans sa maison de campagne. On peut toujours la voir d’ailleurs, une phrase latine : « Nulla dies sine linea »

(À l’unisson) : « Pas un jour sans une ligne. »

CLAUDE LEMESLE : (acquiescement) Eh oui. Vous savez c’est comme un chanteur qui va passer 3 ou 4 ans sans chanter. Après il va falloir qu’il retravaille drôlement sa voix pour que ça le fasse comme on dit aujourd’hui.

OLIVIER JUPRELLE : Oui tout à fait c’est comme le sport si on arrête il faut s’y remettre et c’est très dur le chant c’est la même chose c’est un muscle qu’il faut continuer à entraîner et donc l’écriture c’est la même chose c’est aussi un muscle en fait.

CLAUDE LEMESLE : Ben je dis toujours que l’écriture, c’est comme l’amour, plus on le fait plus on a envie de le faire. Voilà.

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10 conseils pour enfin réussir un CLIP VIDÉO MUSICAL à petit budget

Réaliser un videoclip pour créer une expérience émotionnelle forte entre l’image et le son est une excellente idée!

A force d’arrondir les angles et d’amortir les coups sur les tournages de mes propres clips j’ai appris sur le tas et je réalise parfois des vidéos pour les artistes qui me font confiance.

Je viens justement de terminer la réalisation du tout premier clip d’une jeune chanteuse et j’en ai profité pour prendre un peu de recul, faire le point et partager avec toi 10 conseils simples pour enfin réussir à faire un vidéoclip à l’arrache !

Il s’agit d’une méthode très simple que j’applique à chaque fois que je dois tourner un clip avec peu de budget. Il y a autant de manières de réaliser un clip que de vidéastes. Il s’agit donc d’une liste de conseils basée UNIQUEMENT sur ma propre expérience.

J’ai fais beaucoup d’erreurs en réalisant mes propres clips et ceux des artistes qui m’ont fait confiance. Mes productions ont été jalonnées de revers. J’ai utilisé ces échecs pour progresser mais tout ça m’a pris énormément de temps. Si tu n’as pas beaucoup d’argent pour produire ton clip je te conseille d’économiser et d’attendre pour pouvoir faire appel à un réalisateur professionnel. Tu éviteras beaucoup d’erreurs et tu pourras rester concentré(e) sur le plus important : écrire des chansons. Réaliser ses propres clips est une forme de procrastination intelligente. Je m’en suis rendu compte un peu trop tard !

Si tu ne peux vraiment pas attendre pour déléguer ce travail difficile à un pro, ces dix points sont une très bonne base pour développer une idée qui aura de la gueule. On y va!

1. Trouver l’idée

Le clip est un format très concurrentiel mais ce n’est pas parce que des centaines de nouveaux clips sont publiés chaque jour sur YouTube qu’il n’y a pas de place pour le tien. Même si j’y travaille, je ne connais pas encore de recette miracle pour se faire remarquer. Alors, si tu n’as pas encore trouvé l’idée originale qui surprendra tout le monde, je te propose de partir de toi-même. Quelles sont tes passions et tes talents en-dehors de la musique? Y a-t-il parmi elles un domaine qui pourrait coller avec l’univers d’un clip?

Trouver une idée de clip à partir d’une de tes passions présente des avantages et des inconvénients :

Les avantages

  • Tu seras motivé.
  • Tu auras accès à tout un univers gratuitement. Tu as déjà ton équipement et ton abonnement à la salle. Ton entraîneur sera très heureux de te laisser les clés pour y tourner ton clip, le tout à très peu de frais. Et puis il y a les copains qui pratiquent la même discipline qui seront heureux de te donner un coup de main ou d’apparaître dans le clip.
  • On verra à l’écran que tu es bon dans cette passion. Un bon nageur, un bon cavalier, un bon motard, un bon boxeur : ça se remarque tout de suite.
  • C’est l’occasion de montrer à tes fans une autre facette de ta personnalité
  • Tu pourras aider en postproduction à choisir les plans les plus réussis ; ceux où ta jument est en réelle connexion avec toi par exemple.
  • Ce sera un beau souvenir en images d’un domaine qui te passionne.

Les inconvénients

  • Le nombre de tes passions n’est pas illimité. Ça marchera une fois ou deux et puis il faudra trouver d’autres idées.

Partir de tes passions en-dehors de la musique pour développer ton idée est donc une piste intéressante quand on travaille à la débrouille.

2. Trouver un endroit en relation avec cette passion

Essaie de trouver un lieu en relation à ta passion. Il faut idéalement un endroit cinégénique (qui a de la gueule à l’écran). Si tu aimes l’équitation ton cheval est certainement dans un manège, ta moto ou celle d’un pote dans un beau grand garage. Si tu pratiques les arts martiaux ; tu t’entraînes dans une salle avec des sacs de frappe et un ring de boxe. Et si tu n’as rien sous la main, il y a certainement un ami d’un ami d’un ami qui possède un très bel endroit. En en parlant au prochain entraînement, les choses se débloqueront certainement !

Privilégie un endroit grand pour pouvoir accueillir toute l’équipe, l’éclairage et le matériel image. Idéalement avec un parking à proximité, un espace pour manger avec un frigo, une grande table avec des chaises et de l’électricité à disposition.

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Dans le clip Guts Over Fear du rappeur Eminem, un homme décide de se lancer dans les combats de boxe pour se refaire financièrement

 

3. Une seule journée de tournage centralisée dans un seul lieu

Comme ton budget est limité, le mieux c’est de tourner tout le clip en une seule journée dans ce lieux et de le décliner en 4 « spots », c’est-à-dire 4 espaces visuellement très différents, avec des ambiances lumineuses différentes.

Prenons par exemple le dernier clip que j’ai réalisé : Maya, la chanteuse, est une droguée d’équitation. Elle a vu naître sa jument et pratique ce sport avec un très bon niveau (heureusement car elle a failli chuter plusieurs fois pendant le tournage).  On est allés voir ensemble son manège et j’ai repéré 4 endroits intéressants :

  1. La piste couverte
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L’envers du décor

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Le résultat à l’écran. Maya en pleine chorégraphie !

2.  Le foyer

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L’envers du décor

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Le résultat à l’écran

3. La prairie avec le cheval

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L’envers du décor, avec Julien au cadre qui est toujours excité lorsqu’on essaie des choses un peu plus complexes

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Le résultat dans le clip. Heureusement que Maya est une très bonne cavalière

4. Un chemin à proximité

L’envers du décor, en contre-jour

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Le résultat dans le clip

 

4. Ecrire un scénario

C’est l’histoire que tu vas raconter. Tu as certainement déjà une ébauche, une note d’intention qui te plaît. Maintenant que tu sais où tu vas tourner, c’est le moment d’aller plus loin et développer la narration précisément.

Pour le clip de Maya je suis parti du manège et j’ai essayé d’écrire une histoire simple qui collerait avec le thème de la chanson (sans pour autant l’enfermer dans une seule interprétation). Mon idée de base était de raconter une histoire d’amour quasi sensuelle entre un être humain (Maya) et un animal (sa jument) : une métaphore inversée du thème de la chanson. Je tenais mon sujet, il ne restait plus qu’à le développer!

Voici un extrait de mon scénario, après développement de l’idée :

SEQ 1 : SCENE d’OUVERTURE– MAYA et LA JUMENT

Extérieur / Jour – Entre chiens et loups son in / 25fps

Plan fixe sur la prairie. La jument broute au loin. On entend des pas arriver de derrière. Maya apparaît de dos en robe de soirée talons en main et pieds nus. Elle laisse tomber ses talons par terre. Cut. La musique démarre

SEQ 2 : 1er couplet 0 :00 – 0 :23

Intérieur / Jour / Ralenti 50fps

Gros plan sur les doigts de Maya debout devant un mur en bois. Elle tient une tasse colorée dans laquelle on devine une bonne petite recette vegan. Avec une fourchette, elle plonge très légèrement dans la tasse et l’amène à sa bouche pour goûter du bout des lèvres. La caméra suit le mouvement. On découvre le visage de Maya qui commence à chanter.

Transition : Fin du premier couplet, sur le coup de percu, Maya quitte le cadre en « tombant » droite cadre. On retrouve ensuite Maya exactement dans la même valeur de plan, habillée différemment, avec une autre mise en lumière, au milieu de la piste. Ses musiciens sont derrière elle.

Tu peux accéder au reste du scénario en cliquant ici 

Quelques questions qui t’aideront à développer les détails de ton scénario :

  • Quelle est l’émotion principale qui se dégage?
  • Quelle est la scène d’ouverture (les 10 premières secondes)?
  • Quelle est la dernière image ?
  • Comment l’artiste est-il présenté?
videoclipbudget

Dans le célèbre western de Sergio Leone “Le Bon, la Brute et le Truand”, on apprend en 2 plans beaucoup de choses sur le personnage : il est poursuivi (sa tête est mise à prix), il aime la bonne chair, il est alcoolique, armé et c’est un petit marrant!

  • Que se passe-t-il pendant le premier couplet ?
  • Que se passe-t-il dans le premier refrain ?
  • Quelle est la transition entre le couplet et le refrain : raccord dans le mouvement, passage au flou, mouvement de caméra, bruitage, …
  • Que se passe-t-il pendant le pont?
  • Quelle est la progression de la narration?
  • Y a-t-il des effets de narration : une intrigue, une rythme narratif, une point de vue particulier, une métaphore, etc?

Tu vas voir qu’en commençant à réfléchir à tout ça, les idées vont venir petit à petit, ça va structurer ton clip.

5. Rester raisonnable

Ça paraît évident et pourtant il m’est arrivé de nombreuses fois de coucher sur papier des idées complètement folles. Dans un premier temps c’est bien de laisser aller son imagination, d’écrire un grand nombre d’idées sans s’arrêter pour les évaluer dans un second temps uniquement (technique du remue-méninges). Au moment d’être critique pour faire le tri il faut se concentrer sur des idées simples à mettre en place. Garde donc les plans aériens, la construction de décors, les mouvements de caméras stabilisés, les danseurs en costume pour une prochaine fois. Tu te feras plaisir à ce moment-là !

Le principe de simplicité est valable également pour filmer un concert, j’en parle dans cette vidéo : 8 conseils clés pour bien filmer un concert

6. Des horaires corrects

Une idée simple permet de rester décent dans les horaires de tournage : une journée de 12 heures grand max. Dans ce contexte les super techniciens qui font déjà un effort financier pour t’aider reviendront avec plaisir. Tu parviendras à rester concentré du début à la fin et l’ambiance sur le plateau sera positive.

Il faut aussi soigner tout le monde sur le tournage avec un repas correct, des boissons, quelques snacks, un espace pour s’asseoir au calme. Dis-toi que tout le monde sera de bien meilleure composition et que ça se sentira dans le résultat final.

7. Valider le scénario AVANT le tournage

Une fois ton scénario en main, tu vas pouvoir faire valider tes idées par l’équipe, les musiciens, le chef-op, le propriétaire du lieu, …) AVANT le tournage, bien entendu. Ça t’évitera les mauvaises surprises. Ça te permettra de confronter tes idées avec la réalité du terrain, du matériel (image et lumière), les possibilités techniques, la météo, etc.

8. Le découpage technique

Le découpage technique c’est vraiment le truc le plus casse-pieds à rédiger mais quel outil! Quel gain d’efficacité sur le tournage et au montage. Quand on a un budget limité c’est le pétrole !

Le jour du tournage tu es sur le terrain, loin de ton bureau, il se passe plein de trucs stressants ; matériel défectueux, retards, imprévus, etc. C’est compliqué de rester concentré, de ne rien oublier, d’être précis dans la mise en scène et les attentes au cadre. Avec ton découpage tu es certain de ne rien oublier et de travailler avec précision.

Ma technique infaillible pour le rédiger une bonne fois pour toutes : dès que mon scénario est écrit, je commence la journée suivante par l’écriture du découpage technique. Je coupe internet, mon GSM et demande à ne surtout pas être dérangé. Avec de la concentration tu peux le terminer en une matinée. Si si 🙂

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Extrait de mon découpage technique pour le clip de Maya

 Mon découpage technique complet est disponible ici

9. Soigner le maquillage et le stylisme

Les fringues et le maquillage sont beaucoup plus importants qu’on ne le croit. Essaie d’avoir 4 silhouettes complètement différentes, avec à chaque fois un maquillage distinct et une coiffure à part.

Un chouette stylisme et un vrai maquillage pro, ça aide vraiment à avoir de belles images et ça ne coûte pas grand chose. Il faut simplement chercher dans les vêtements des artistes et engager un maquilleur le jour du tournage.

Mon petit conseil c’est de travailler sur les contrastes, de mélanger des univers qui n’ont rien en commun. Par exemple :

  • Une veste en cuir et une guitare électrique VS au milieu de la nature
  • Une robe de soirée VS sur un cheval
  • Un costume trois pièces VS dans une étable

Au plus c’est gros, au plus ça passe! Un clip ce n’est pas un documentaire sur le réel mais bien une fiction, une oeuvre de l’esprit. Certains artistes ne comprennent pas toujours ça. Ils ont l’impression d’être déguisés. Ce fut le cas avec Maya. J’ai vraiment dû insister lourdement pour qu’elle porte une robe de soirée sur son cheval. Elle trouvait que ça ne correspondait pas à sa personnalité. “Cette robe ce n’est pas moi” me répétait-elle.

Je me suis engagé à retourner les plans à mes frais si ça ne lui convenait pas. Carrément! Au final elle a trouvé ça très réussi et m’a remercié d’avoir “imposé” le stylisme. Ouf…

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Stylisme 1 : combi noire et sneakers blanches. Maquillage naturel (“nude”) et cheveux attachés

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Stylisme 2 : débardeur blanc, veste kaki, jean bleu et pieds nus. Maquillage “golden” et cheveux lâchés

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Stylisme 3 : perfecto, t-shirt blanc, jean noir, sneakers noires. Maquillage : smooky eyes, pinces dans les cheveux, rouge à lèvres bien rouge

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Stylisme 4 : robe de soirée couleur pourpre (complémentaire au brun du cheval), pieds nus, cheveux mouillés. Maquillage coloré (“Pop-make up”), rouge à lèvres

 

J’ai demandé aux musiciens de s’habiller en costume trois pièces en les encourageant à porter des accessoires : bagues, bracelets, pochette, foulard, lunettes de soleil, gilets, gants en cuir, montre, chapeau fedora ou trilby – pas de chapeau de cowboy. Ils ont été très coopératifs et ont joué le jeu sans réserve!

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Ne pas oublier de prévoir une base maquillage sur les musiciens

10. Photos et vidéo des coulisses

Prévois une personne pour réaliser quelques photos du tournage et une petite vidéo des coulisses. Ça te servira pour la promo.

J’ai d’ailleurs réalisé un vlog de ce tournage dans le manège qui est disponible ici : http://bit.ly/2wLqOtx

Ainsi qu’une version vidéo (raccourcie, on est sur YouTube hein) de cet article :

Je ne peux pas tout rassembler dans un seul article. Il reste d’autres points importants comme le choix d’un chef opérateur, d’une caméra et des optiques, la réalisation de ralentis sur le lipsynch et bien d’autres.

N’hésite pas à me poser tes questions dans les commentaires, j’y réponds systématiquement.
A bientôt !

olivierjuprelle

Olivier Juprelle, auteur/compositeur/interprète en chanson française et guitariste avant toute chose. A force d’amortir les coups sur les tournages de mes propres clips j’ai appris sur le tas et je réalise parfois des vidéos pour les artistes qui me font confiance, comme ici pour Dario Mars & The Guillotines, Talisco, Suarez ou Saint-André

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Défi de la rentrée : une reprise de votre choix en direct chaque jour à midi pendant 2 semaines

olivierjuprelle

En route vers mon nouveau défi

Du 11 au 22 septembre je vous donne rendez-vous à midi pile sur ma page Facebook pour une reprise guitare/voix d’un classique de la chanson française.

C’est vous qui choisirez le titre!

Chaque matin à 9h je ferai un tirage au sort dans vos propositions de reprises (recueillies sur mes réseaux sociaux). Le Facebook Live démarrera à midi pile. Ça me laissera très peu de temps pour concocter un arrangement guitare intéressant.

Une collaboration différente chaque jour!

Je ferai appel à un chanteur (ou une chanteuse) différent chaque jour pour m’accompagner dans l’interprétation. J’ai déjà eu l’occasion de le faire avec Maya (voir notre reprise de Michel Berger ici) ou avec Olybird (notre reprise de Gainsbourg ici).

Ici ce sera en direct, un nouveau cap, plus complexe car on ne pourra pas recommencer! L’artiste viendra chez moi un peu avant que ça démarre pour répéter une fois ou deux le morceau avant de lancer le direct.

Il y aura des places de concert et des disques de l’artiste invité à gagner à chaque fois. Vous pourrez également poser toutes vos questions à l’artiste à la fin du direct.

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Notre incroyable interprétation sans les mains de La Javanaise

Je partagerai avec vous mes réussites et mes échecs

Je ferai ça sur ce blog, en espérant tout de même arriver à mettre le défi en place, même s’il est ambitieux :

  • Techniquement : la mise en place d’un live musical avec un son de qualité n’est pas évidente. Il faudra aussi que je propose un éclairage correct.
  • Guitaristiquement j’aurai très peu de temps pour créer un arrangement intéressant. Les répétitions avec l’artiste invité seront courtes avant de lancer le live.
  • Ce sera ma première expérience Facebook Live. Plus compliqué car une fois la chanson lançée en direct, on devra aller jusqu’au bout, sans se tromper!
  • Je devrai accueillir l’artiste invité comme il faut, répondre aux questions des internautes, encourager à interagir. Tout ça en restant fluide! Et peut-être qu’il n’y aura pas grand monde pour regarder au début…
  • Je dois trouver 10 artistes qui accepteront de jouer le jeu. Il devront être disponibles pour venir jusque chez moi et apprendre à chanter une reprise en très peu de temps.

défi

Du lundi au vendredi à midi pétante!

Comme j’ai deux jeunes garçons à la maison ce sera impossible à mettre en place le weekend. Les diffusions en direct se feront donc du lundi au vendredi. Il sera possible de revoir les directs en reprise sur ma page Facebook. Je publierai également les chansons (pas le reste du direct) sur mon compte YouTube.

Si on a le temps j’essaierai pendant le live de reprendre également un titre du répertoire de l’artiste invité. Ce serait marrant qu’il le diffuse ensuite sur son propre compte YouTube. A voir si ça le branche! Ce serait un bel échange de procédé, une sorte de promotion croisée.

Les tutos guitare disponibles

Pour ceux qui aimeraient apprendre à jouer ces reprises à la guitare, et pour compléter ce défi déjà ambitieux, je diffuserai le tutoriel correspondant chaque jour sur mon nouveau blog (en construction) Brasero Guitare

Voilà, voilà, je pense avoir tout dit. Que penses-tu de mon défi? As-tu des suggestions d’artistes que je pourrais inviter? Dis-moi ça dans les commentaires Smile

A bientôt!

Olivier Juprelle, auteur/compositeur/interprète en chanson française et guitariste avant toute chose

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Dario Mars and the Guillotines : une performance enflammée, presque apocalyptique!

dariomarsandtheguillotinesDe retour au Chênée Palace Studio dans lequel ils avaient enregistrés leur second album “The Last Soap Bubble Crash”, Dario Mars And The Guillotines m’ont demandé de passer filmer quelques images (oui, je fais ça aussi de temps à autre, à force d’arrondir les angles et d’amortir les coups sur d’autres tournages, j’ai appris sur le tas. J’ai réalisé mes propres clips, ça a fait du buzz dans la cage d’escalier de mon immeuble et certains artistes m’ont fait confiance comme ici Talisco).

J’avais déjà eu l’occasion de les filmer à l’Atelier 210 et je dois bien avouer que la puissance des guitares de Renaud Mayeur et la voix soul de Bineta Saware m’ont tapés dans l’oeil ! Je n’ose pas imaginer s’ils chantaient en français! Ce serait encore mieux. On peut toujours rêver 🙂

Une performance enflammée, presque apocalyptique, qui risque de vous brûler les yeux :

J’en ai profité pour filmer quelques images des coulisses et réaliser un petit vlog. C’est l’occasion de montrer que tout cela ne se fait pas tout seul et que j’ai pu compter sur un sérieux coup de pouce :

Quelques très belles photos de cette journée rock’n’roll ont été prises par Jérôme Derenne

olivierjuprelle

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olivierjuprelle

Olivier Juprelle, guitariste, auteur/compositeur/interprète en chanson française. Je réalise de temps à autre des vidéos pour les artistes qui me tapent dans l’oeil !

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Serge Gainsbourg – La Javanaise – Reprise


Premier titre enregistré à Londres par Serge Gainsbourg, “La Javanaise” est, l’air de rien, une chanson plutôt sophistiquée.

Au niveau du texte avec des vers très brefs, un effet miroir infini (qui consiste à écouter une chanson que les amoureux écoutaient jadis et qui raconte comment ils s’aimaient avant quand ils écoutaient cette chanson), et un vouvoiement de sa partenaire.

Musicalement, avec un rythme de java en 3/4 (j’ai eu du mal à le jouer, tu peux le voir sur la vidéo trop marrante de nos plus beaux ratés avec Olybird), une mélodie valorisant les intervalles de secondes (mineures et majeures) et une grille d’accords riches (7ème, 9ème, sus4, dim) pour un rendu très élégant.

Celui qui connaissait et appréciait l’Ecole de Saint Germain des Prés a réussi un véritable chef d’oeuvre malgré un son original très anglais.
sergegainsbourg

Olivier Juprelle, guitariste, auteur/compositeur/interprète en chanson française

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Guitare : 3 façons créatives d’enrichir une grille de 3 accords

La guitare est un instrument harmonique qui permet de développer une véritable originalité dans l’accompagnement. Comment être plus expressif, plus original sans tomber dans la sophistication ? Quelles sont les techniques d’embellissement que j’utilise concrètement dans mes compositions ?

1. La première chose à faire c’est d’embellir les accords. Il y a beaucoup de manières différentes de le faire, je vais te parler ici de mes deux préférées, celles que j’utilise tout le temps !

A. En substituant par l’accord relatif

Chaque accord de sixième possède un accord mineur septième relatif qui lui est absolument identique. C6 = Am7 : c-e-g-a = a-c-e-g. Cette relation est
facile à mémoriser puisque la fondamentale de l’accord mineur 7 est la sixte de l’accord majeur.

Prenons un exemple concret : ma chanson « Dix heures dans le noir » :


Voici la grille de base :

On peut substituer C à A-. Si je le remplace dès le début, on perd la couleur harmonique de la chanson. Je vais donc l’utiliser un peu plus loin dans la même mesure. Attention avec les substitutions d’accord, c’est comme avec le gingembre et le citron, ça doit s’utiliser avec parcimonie, un bon dosage. Ici il ne faut pas plus. Ce qui donne :


Et coup de bol, C est la dominante de F, ce qui facilite la transition.

B. En rajoutant des extensions

Toujours dans cette logique d’embellissement des accords, il est possible de rajouter une 7ème ou une tension (9, 11, 13) ou les deux aux triades de base
(1 3 5). Ce que j’adore faire c’est jouer ces accords enrichis en début de manche. Prenons la septième majeure : CM7, DM7, etc. Toutes les cordes sont utilisées et le jeu en début de manche donne beaucoup d’amplitude au son. Appliquons ça à ma chanson « Dix heures dans le noir » :

Il y a de nombreuses autres possibilités, comme les accords SUSPENDUS, Additionnés, mais on ne peut pas tout couvrir dans une seule vidéo de 5 minutes.
Si tu veux aller plus loin je t’invite à télécharger mon guide des accords ouverts, c’est gratuit ! Il suffit de cliquer ici

2. La deuxième chose à faire c’est d’enrichir ton jeu en le rendant plus précis. Il y a plein de manières différentes de le faire, je vais te parler de mes deux préférées ; le fingerstyle et la guitare percussive.

A. Fingerstyle

Le « fingerstyle » « c’est l’utilisation de chacun des doigts de la main droite de manière indépendante afin de jouer les pièces multiples d’un arrangement musical qui devraient normalement être joué par plusieurs membres d’un orchestre ; la basse, l’accompagnement harmonique, la mélodie et les percussions peuvent tous être joués simultanément lors du jeu en Fingerstyle ». Source wikipédia.

Ici on va s’inspirer de cette technique sans pour autant jouer la mélodie :

B.Guitare percussive. On essaie d’exploiter autre chose que les notes. Ça surprend le public.

3.La troisième manière c’est de capter l’oreille de l’auditeur en créant un Gimmick, une petite phrase, un son particulier, une formule rythmique identifiable qui imprégnera facilement la mémoire, comme dans la chanson de James Brown ; “can’t stand myself”. Et pour bien la différencier je vais la jouer à la guitare électrique.

Question du jour, dis-moi dans les commentaires ce que tu fais pour améliorer tes progressions d’accords, si tu as des astuces simples et efficaces à partager?

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5 artistes qui auraient mieux fait de ne pas chanter en français

Les anglos saxons se moquent souvent de l’accent à couper au couteau de nos artistes francophones qui chantent en anglais. Qu’en est-il des anglophones qui tentent de chanter en français ? S’il existe des exceptions pour lesquelles l’accent prononcé apporte un certain charme aux chansons (« Je ne veux pas travailler » de Pink Martini), il faut bien reconnaître que la langue de Molière n’est pas nécessairement facile à chanter et l’exercice s’avère souvent casse-gueule.

  1. Wyclef Jean fait des fredaines

Ne me quitte pas n’est pas le titre le plus réussi de Brel. Et pourtant Dieu sait si j’adore Brel. Ecrite en 1959 (en pentasyllabes !) après sa séparation avec une maîtresse dont il était amoureux depuis des années, le grand Jacques « nous embarque avec lui dans la vérité tangible d’un moment de sa vie »*. Mais on ne pleurniche pas après une nana pour tenter de la récupérer! Quand c’est fini, c’est fini.  Édith Piaf disait d’ailleurs de cette chanson : « Un homme ne devrait pas chanter des trucs comme ça». Et Léo Ferré de surenchérir : « des perles de pluies venant d’un pays où il ne pleut pas, ça ne veut rien dire! ».

La version de Wyclef Jean, au parcours jusqu’ici irréprochable, ne convainc pas. D’abord par la production numérique et lisse, sans dynamique, aux antipodes de la version organique originale ; la boucle batterie funk parfaite et sans variation (même pas une cymbale, un contretemps ici ou là), l’horrible guitare (MIDI?), les « feel me, ahaha, listen to my guitar », le rap intenable en anglais à la fin.

Les passages vocaux à l’octave approximatifs, l’interprétation encore plus surjouée que celle de Brel et l’accent français du chanteur rendent le tout peu compréhensible.

Même pas envisageable pour accompagner le dîner.

  1. Michael Jackson fait un bide

Mickael Jackson, la dernière véritable star planétaire, chanteur et danseur incroyable dont le répertoire ne vieillit peut-être pas aussi bien que d’autres de la même époque, nous fait l’honneur de chanter en français mais on ne comprend pas grand-chose en dehors des refrains. Dommage.

  1. David Bowie vire sa cuti

L’homme qui a chanté Amsterdam (dans une version traduite en anglais) a tous les droits. Père de famille accompli dans la seconde partie de sa vie revendiquant l’improductivité de l’usage de stupéfiant dans le processus de création, David Bowie nous propose une version en français de son tube Heroes. Au-delà de l’incompréhensibilité générale du titre on se rend compte à quel point le français et l’anglais ne « swinguent » pas de manière identique, une question d’accent tonique.

  1. Chris Cornell tombe dans le 36éme dessous

Je viens d’apprendre le décès inopiné du chanteur de Soundgarden (ça fait un choc, j’avais échangé quelques mots avec lui en 2007 dans les loges du Pukkelpop). Au-delà d’une carrière hallucinante et pour se détendre un peu voici une version en français de son titre “Can’t change me”. Chanter en français ne fut pas sa meilleure idée. Peu importe, le reste de sa discographie est plus pertinent! On pense à lui.

  1. Robbie Williams fait long feu

Il sait que ses derniers albums ne sont pas bons. Celui qui comprend les paroles des couplets peut m’envoyer un mail ! Pour rire au coin du feu.

Il est temps d’être sérieux et d’écouter des titres où la langue française est au mieux de sa forme : https://www.olivierjuprelle.com/10-artistes-francophones-a-suivre-en-2017/

Es-tu d’accord avec cette liste? Existe-t-il d’autres exemples de chanteurs qui auraient mieux fait de ne pas chanter en français? Dis-moi ce que tu en penses dans les commentaires!

Olivier Juprelle

* Claude Lemesle – “L’art d’écrire une chanson” – p. 143

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