Festival Francofaune : 5 concerts qui nous ont marqués

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Klô Pelgag, une apparence excentrique opposée à une totale maîtrise de son jeu

Un parcours choisi, à travers plusieurs dates lors du Festival Francofaune, dans beaucoup d’endroits de Bruxelles. Une promotion de la diversité des artistes issus de la francophonie, des découvertes et des confirmations. Voici notre liste totalement subjective des 5 concerts qui nous ont marqués !

  1. Dick Annegarn

Une des premières soirées, en présence du grand Dick Annegarn, troubadour jongleur de mots et habile conteur. Il nous offre une sorte de conférence/exposé sur l’origine de ses inspirations. Qu’il s’agisse du folk américain, des work-songs à travers le monde, il illustre son propos par des vidéos projetées en fond de scène, tirées de sources YouTube, parfois de sa propre chaîne, bien nommée «La chaîne du verbe».

Le principe de cette récolte qu’il propose dans des playlists : il parcourt des villes en francophonie, et propose d’enregistrer dans un studio mobile (en caravane) des chansons de traditions anciennes, de l’enfance, parfois dans des patois et dialectes qui ne disparaîtront pas…

Lors du concert, le public est très participatif reprenant les refrains des chansons de cet amoureux des langues! Un échange plein d’esprit et d’humour.

2. Simon Daniel

Une belle part est accordée à quelques artistes canadiens, pas que québécois, il y a tant à puiser et ravir parmi nos cousins d’Outre-Atlantique. Notre proximité langagière et ce goût commun, sans doute, pour une certaine intensité, le propos décalé.

Des talents attachants, le rapport intime propre aux lieux plus petits est propice à une écoute et une immersion dans des univers accueillants, je prends pour exemple Simon Daniel, découvert il y a quelques mois en ouverture de Sacha Toorop… Il est du Nouveau-Brunswick, région bilingue. Ce n’est peut-être pas la raison pour laquelle on y retrouve un blues mélancolique, un compromis entre chaleur et fraîcheur, une sensibilité qui est d’une grande force… Cette intensité, je me répète, a ce quelque chose de familier, comme dans un abri réconfortant.

3. Albin de la Simone

Dans ce lieu où résonnent encore les noms de Barbara, Gainsbourg, mais également Pink Floyd ou Queen, le Théâtre 140 propose une élégante soirée. Avec Clare Louise et Albin de la Simone. Si la première est récemment arrivée dans un répertoire en français, instaurant un climat complice et doux, elle n’aura pas manqué d’enchanter le public venu nombreux se réjouir de la compagnie du second.

Le principe du tour de chant d’Albin & co est simple ; peu ou pas d’amplification, pas d’exubérance de lumières, une mise en scène sobre et efficace. Des petites histoires douces-amères, des équilibres entre gravité et légèreté, des parcours nostalgiques de sentiments d’abandon et de réjouissances posant des sourires aux auditeurs détendus. Il y a cette immanquable classe, la lueur perçant un ciel plus tout à fait gris.

Nous parlions déjà d’Albin de la Simone et de Clare Louise dans notre article “10 artistes francophones à suivre

4.  Daniel Hélin

Autre lieu, autre ambiance, à l’étage du ViaVia. Après le touche-à-tout fantasque Manu Louis et les post-metal-ados canadiens VioleTT Pi, nous retrouvons Daniel Hélin, ici dans une formule avec les Binamés (de René et Les Binamés, les Slugs…), un angle de vue plus punk et âpre. Le poète engagé, avec son débit rapide et sa bonhommie joyeuse, nous livre des brûlots comme autant de pavés dans la marre, une sorte de constat sur des situations belges qui coincent aux entournures, mais pas que…

Parfois des plaies sur lesquelles on appuie, ou ce fameux clou frappé encore et encore, par coups de riffs et d’impulsions électriques. Après une période d’absence, Daniel Hélin revient avec force et vigueur, n’ayant rien perdu de sa verve fleurie, qui est tout sauf naïve et désinvolte. On peut l’avouer sans peine, il porte une parole nécessaire et facétieuse (ce qui n’est pas incompatible)

5. Safia Nolin, Cloé du Trèfle et Klô Pelgag

Une dernière soirée, pour clôturer en féminité, des univers personnels, à travers Safia Nolin, Cloé du Trèfle et Klô Pelgag. Toutes trois dans un rapport que seule la Rotonde du Botanique permet. Safia Nolin, première Québécoise de la soirée, seule à la guitare, assez désarmante et au bord du fil fragile, qu’elle tend vers nous, en retenue et discrétion, beaucoup de coeur et de naturel.

Cloé du Trèfle, régionale de l’étape que nous connaissons bien, vient présenter son dernier album en date, «Entre l’infime et l’infini», accompagné de deux violoncellistes elle passe de sa guitare à son clavier et autres machines. Nous la sentons plus à l’aise, plaisantant par moments, ou développant quelques aventures, avec des arrangements bien transposés pour cette formule trio.

Klô Pelgag, dernière de cette édition du festival et dernière native du Canada, nous emporte comme par enchantement dans sa fantaisie, dans son entièreté, quelle densité! Elle et son full-band ont une grande consistance et il y a toujours ces particularités, que nous pourrions leur envier, cette faculté à sortir du cadre, à briser les rythmes, à nous surprendre au tournant. Il y a le paradoxe d’une apparence excentrique opposée à une totale maîtrise de son jeu, car il y a du vrai divertissement au sens premier dans sa prestation espiègle…

Cet article invité a été écrit par Vincent Vanhoutte. Il est passionné par la musique mais il est également auteur, comédien occasionel et ex-dessinateur. Il a réalisé les vidéos de cet article et filme pas mal d’autres concerts qu’il diffuse sur son compte YouTube

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